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PORT OF MIRACLES
Installation vidéo, 2007
Ivan Kucina & Dubravka Sekulic, Jelena Mitrovic, Branko Belacevic, Nikola Kneževic, Tijana Stevanovic, Vladimir Tošic, Sandra Draškovic, Dunja Predic
Dans une seconde étape, ces thèmes sont augmentés, jusqu’à devenir des «miracles». Deux mots clés sélectionnés dans chaque carte individuelle, servent d’amorces pour cristalliser des flashs, issus de flux de conscience d’abord spontanés puis dirigés intentionnellement en se concentrant. Ces visions ou flashs, sont alors les éléments d’un scénario qui est réinjecté dans le site choisi au départ du processus. Des scènes totalement inattendues : un patineur sur la cale sèche, une église de la côte du Monténégro qui se retrouve en Normandie, une jungle qui croît et fait disparaître les machines portuaires inactives, des boules rouges aux déplacements synchronisés dans le corridor entre les hangars du quai du Maroc, des courses de mots sur les voies ferrées sur les docks, un concert géant de Live Aid sur le quai du Maroc, des nuages de feux d’artifice au dessus du bassin du Canada, et les ponts d’accostage qui se mettent à bouger dans l’indifférence générale.
L’œuvre collective doit trouver sa forme. Nous avons conçu un système de surveillance vidéo. Un système qui est programmé pour noter les détails les plus discrets, avec un focus spécifique sur la banalité quotidienne et chaque décalage. L’œil d’une caméra, parce qu’il crée une distance mais aussi parce qu’il est hyper réel, permet de renverser ce thème de petits miracles nocturnes en situations plausibles et réalisables (puisque « réalisées »). Ces apparitions dans des zones désertes, présentées sur les moniteurs de surveillance comme une image virtuelle, semblent en fait presque réelles. Et inversement, la réalité des quais déserts la nuit, avec cette sensation dominante de vide et d’absence, devient surréelle!
Les interactions entre des espaces portuaires étranges et des miracles personnels prêts à la réalisation, déposent dans l’imaginaire des habitants les signes d’une nouvelle vie. Une vie injectée pendant une seconde dans ce grand corps paralysé, puis disparaissant, allant et venant dans un mouvement de répétition permanente. Un processus qui ouvre la voie à des nouveaux commencements.
L’installation vidéo Port of miracles a été créée avec 8 étudiants en architecture, pendant un workshop à Dieppe en septembre 2006. Chaque scène animée est le résultat d’une méthodologie unique de workshop, qui rend les participants capables d’articuler leur sub-conscient avec un environnement, ici celui du port déserté. Après l’avoir formulée de façon accidentelle, je développe et améliore cette méthode depuis une dizaine d’année, en la confrontant à des contextes toujours différents, vérifiant à chaque fois sa puissance créative. Le processus du workshop commence par une cartographie mentale. Les participants ont choisi leurs sites autour des bassins du port, et s’y sont installés pour prendre des notes, observer, ou se perdre dans leurs pensées.

Ces notes, lorsqu’elles sont racontées aux autres, deviennent des histoires, qui deviennent des textes. De ce récit sont extraits des mots clés pour les traduire en signes graphiques. Ces signes sont assemblés pour créer une cartographie mentale. Et les cartes deviennent des containers pour des significations intuitives, «reniflées» et redigérées.




